Idées

Où l'on argumente plutôt que l'on n'invective. C'est plus long, mais cela vieillit mieux.

Du collectivisme, ou l'art de décider pour autrui

Le collectivisme part d'une intention charmante : confier à une autorité éclairée ce que chacun, livré à lui-même, ferait forcément de travers. L'ennui, c'est que l'autorité éclairée est composée d'hommes, lesquels ont la fâcheuse habitude de ne pas l'être davantage que leurs administrés. Le XXe siècle a mené l'expérience à grande échelle, avec des résultats que l'on qualifiera, par charité, de peu concluants. Friedrich Hayek, dans La Route de la servitude (1944), a montré que qui concentre le pouvoir économique finit par concentrer l'autre aussi. La coopération libre, le contrat et l'échange ont ce mérite modeste : ils ne prétendent pas savoir mieux que vous ce que vous voulez.

Du wokisme, ou la vertu en tribunal permanent

Combattre l'injustice est une noble cause ; nul ici ne songe à s'en dispenser. Mais assigner chacun à la case de sa naissance, juger une idée sur la mine de son auteur, déboulonner le passé faute de pouvoir le comprendre et confier le débat à un comité de surveillance des pensées, voilà qui tourne le dos aux Lumières avec une assurance confondante. Je préfère l'individu à la tribu, la contradiction au catéchisme, l'égalité devant la loi à l'égalité des ressentiments. C'est démodé, paraît-il. Les bonnes choses le sont souvent.

De l'impôt, ou la gabelle qui s'ignore

Selon l'OCDE, la France affichait en 2024 un ratio impôts/PIB de 43,5 %, le deuxième plus élevé des pays membres après le Danemark (Statistiques des recettes publiques 2025). Une médaille d'argent dont on se passerait volontiers. L'impôt est nécessaire : il paie les juges, les soldats, les gendarmes, et c'est fort bien. Son excès, en revanche, décourage le travail, punit l'épargne et invite les talents à goûter d'autres climats. Nos aïeux pestaient contre la gabelle ; nous avons inventé mieux, et en plus grand nombre. Ce que l'État prend, il le prend toujours à quelqu'un, cela va mieux en le disant. Moins d'impôts, mieux d'État : le programme tient en quatre mots, ce qui le distingue avantageusement du code général des impôts.