Salvador Dalí (1904-1989)
Né le 11 mai 1904 à Figueres, en Catalogne, mort dans cette même ville le 23 janvier 1989. Il rejoint le groupe surréaliste à Paris en 1929, peint La Persistance de la mémoire en 1931, puis s'en éloigne à la fin des années 1930, André Breton l'ayant gratifié de l'anagramme « Avida Dollars ». Il inaugure en 1974 son Théâtre-Musée de Figueres.
Dalí, c'est la liberté créatrice poussée jusqu'à l'impertinence : une moustache en guise de manifeste, une excentricité si méthodique qu'elle en devient une discipline. On peut sourire de l'homme ; on ne peut nier qu'il fut, toute sa vie, rigoureusement lui-même. Cela demande plus de courage qu'il n'y paraît.
« L'unique chose dont le monde n'aura jamais assez est l'exagération. »
« L'unique différence entre un fou et moi, c'est que moi je ne suis pas fou. »
« Les erreurs ont presque toujours un caractère sacré. N'essaie jamais de les corriger. »
« Ne t'occupe pas d'être moderne. C'est l'unique chose que malheureusement, quoi que tu fasses, tu ne pourras pas éviter d'être. »
Dino Buzzati (1906-1972)
Né le 16 octobre 1906 près de Belluno, en Vénétie, mort à Milan le 28 janvier 1972, journaliste au Corriere della Sera, peintre et écrivain. Son chef-d'œuvre, Le Désert des Tartares (Il deserto dei Tartari, 1940), suit le lieutenant Giovanni Drogo, affecté au fort Bastiani, qui passe sa vie à guetter un ennemi venu du désert. Le recueil Le K (1966) prolonge ce fantastique feutré, où l'inquiétude se glisse dans le quotidien sans frapper à la porte.
Buzzati est le poète de l'attente et du temps qui file. Il nous rappelle, avec une douceur cruelle, qu'une vie peut se perdre à attendre la permission de commencer. C'est peut-être sa plus haute leçon de liberté.
« Cependant, le temps passait, toujours plus rapide ; son rythme silencieux scande la vie, on ne peut s'arrêter même un seul instant, même pas pour jeter un coup d'œil en arrière. »
« Mais une question lui vint ensuite à l'esprit : et si tout était une erreur ? »
« Ce fut un matin de septembre que Giovanni Drogo, qui venait d'être promu officier, quitta la ville pour se rendre au fort Bastiani, sa première affectation. »
« Il me semble que c'était hier que je suis arrivé au fort, disait Drogo. »